Les chenilles processionnaires

Le 16/03/2022 0

 Avec le mois de mars, c’est le retour des chenilles processionnaires. 

La Processionnaire du Pin au nom latin un peu complexe de Thaumetopoea pityocampa, est un papillon de nuit, famille des Lépidoptères, que nous connaissons surtout pour une de ses formes larvaires … la chenille.
Il y a plusieurs stades de chenille, celle qui nous intéresse est une des dernières, donc des plus grandes, puisqu’elle peut faire 4 cm de long. Elle est brune noirâtre avec des taches rougeâtres sur le dos et sur les côtés et le ventre est jaune.  Elle est évidemment pleine de poils, d’une soie particulièrement urticante et allergisante.
Tout pour plaire, tout pour attirer les jeunes chiens joueurs ou les vieux chiens inattentifs, ou les jeunes enfants, surtout parce qu’au sol elle se déplace en procession, les unes derrière les autres, formant ainsi une chaine articulée mobile et donc attrayante !
 

 

Dans les arbres, essentiellement des conifères, les chenilles processionnaires fabriquent des cocons de soie très visibles sur les rameaux de l’arbre. C’est en été que la chrysalide, point final de la phase larvaire, se transformera en papillon, forme adulte qui pourra se reproduire et donner   des œufs qui vont muer en larve dès le mois de septembre cachée dans des nids à la cime des arbres ou à l’extrémité des rameaux. Chaque femelle peut donner jusqu’à 200 œufs.

C’est au moment où les chenilles descendent de l’arbre, souvent un conifère (pins de toutes sortes, cèdre de l’Himalaya), dont elles ont mangé le plus d’épines possible, qu’elles se mettent en procession pour aller s’enfouir dans le sol.

Ce papillon était avant surtout fréquent dans le sud de la France pour des raisons climatiques, mais on l’observe maintenant, un peu partout (sauf le grand Est et une partie du Massif Central).

Sur le dos de la chenille, l’appareil urticant est fait de micro-poils qui sont projetés en cas de danger, micro-poils contenant une violente toxine, au joli nom de thaumétopoéine !

Quelques méthodes pour s'en débarrasser

Certains animaux aident à se débarrasser de ces chenilles, les mésanges, les coucous, certaines chauve-souris… et assurent ainsi une certaine régulation.

Les humains utilisent la lutte mécanique, nommée  échenillage ( destruction des nids et incinération), le piégeage des chenilles ou éco-piège ( sac contenant de la terre disposé en entonnoir pour tromper les chenilles,  les récupérer et les détruire, lors de leur descente de l’arbre), le piégeage des mâles par des phéromones sexuelles de synthèse, des traitements chimiques dangereux pour tous, mais aussi la lutte biologique  en utilisant la pulvérisation de biotoxine  produite  par une bactérie nommée Bacillus thuringiensis (largement utilisée contre la Piéride du chou, autre papillon destructeur, en particulier du buis).

Si malgré tout cela, il reste des chenilles processionnaires et que votre chien va jouer avec, que faire ?

Si votre chien se frotte sur les chenilles, la toxine va être projetée sur le pelage, et en se léchant, cette toxine peut toucher la langue, les babines. S’il mord la chenille, la quantité de toxine projetée va être plus importante. S’il avale la chenille, c’est pire puisque c’est la gorge, l’œsophage, l’estomac qui vont être touchés par une très grande quantité de toxine.

La toxine va provoquer une réaction inflammatoire plus ou moins grave, avec rougeur, œdème, douleur, nécrose … Ainsi certains chiens (les chats sont plus méfiants) vont se mettre à saliver, à faire un œdème de Quinck, un choc anaphylactique, un noircissement des tissus touchés par la toxine évoluant en nécrose donc destruction des tissus. Malgré les traitements, au niveau de la langue, la nécrose provoquera une disparition de certaines parties, sans jamais empêcher l’animal de se nourrir par la suite.

Il va être indispensable de consulter un vétérinaire rapidement, et c’est le professionnel qui fera les bons choix.

En attendant, que faire ?

Certains préconisent de laver les zone rouges pour diluer la toxine avec de l’eau froide 10 à 15 minutes.

 Il est important d’enlever la douleur et la sensation de brulure, avec Apis mellifica ou Cantharis en dilution homéopathique.  L’œdème pourra disparaitre par la prise d’Apis mellifica. Pour lutter contre la nécrose, Arsenicum album, ou Nitricum acidum seront nos alliés.

En attendant d’utiliser de la cortisone sous quelque forme que ce soit, 30 à 60 gouttes de Macérât glycériné de bourgeons de Cassissier par la bouche seront bienvenues, la glycérine calmant la douleur et le cassissier ayant un effet cortisone-like.

Si la salivation ne passe pas, si la douleur est trop intense, si vous voyez des rougeurs ou des noircissements sur la langue, si la tête reste gonflée,  il faut absolument consulter pour un examen sérieux. Dans certains cas, il sera nécessaire de prescrire en plus des anti-inflammatoires, et des antibiotiques, une perfusion ou une alimentation par sonde, le temps de l’amélioration notable de l’état général.

L’envenimation par les chenilles processionnaires est une véritable urgence !

Dr Patrick Durand

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